Clotilde, pensionnaire de 70 ans

Clotilde, pensionnaire de 70 ans

Pensionnaires, éducatrice ou éducateur, maîtresse de maison, ils ont témoigné avec sensibilité, avec leurs mots, de la vie et du quotidien au château de Vertcœur.

« Je suis arrivée ici à quatorze ans, le 8 octobre. Avant, j’ai habité à Levallois-Perret puis à Bondy. Papa est manœuvre et ma mère travaillait à l’usine, elle mettait des pansements dans des boîtes. Quand je suis arrivée à la Fondation, j’étais très heureuse. C’est sœur Germaine de l’Assomption qui m’a placée. Je suis toujours très contente d’être ici. Du temps des sœurs, je ne savais ni lire ni écrire et c’est Henriette, une pensionnaire, qui m’a appris. On se cachait car les sœurs nous grondaient et nous disaient : “Arrêtez de faire l’école !”.

On n’avait pas le droit de dire bonjour aux parents lorsqu’ils venaient faire une visite à l’une des pensionnaires. On devait se cacher dans les escaliers ou dans l’allée. Un jour, Yvonne de Gaulle est venue, elle a demandé où on était, elle est venue nous chercher dans les escaliers et elle a dit : “Descendez les filles, vous n’êtes pas des sauvages !”.
J’ai deux frères, Michel et sa femme Chantal sont vraiment bien, ils m’emmènent en vacances. Ils me téléphonent tous les dimanches soir à vingt heures. Cela me fait du bien. L’autre, je ne le vois pas.

Je tricote avec Catherine. J’aime beaucoup me promener et le soir, je regarde la télévision, j’aime bien Boulevard du palais. Je regrette Nicole Gillet car tout le groupe des 4 Saisons faisait de jolis dessins avec elle.
Ici, j’aime tout le monde, je n’ai pas de préférence.

L’été, je ne veux plus aller au camp car j’ai du mal à suivre les autres. J’aime bien aller dans les magasins et à la brocante. J’achète des tasses, des disques laser. Pour mon anniversaire, le 21 septembre, je pars aussi en transfert à Puy Batard (ndlr, la Fondation Anne de Gaulle a repris les locaux, situés dans le Limousin, afin de pérenniser la structure. Elle organise des séjours pour ses pensionnaires et les met à la disposition d’autres établissements).

Je suis fière d’être consacrée. Cela me fait du bien de prier.

Je m’intéresse aussi à ce qui se passe dans le monde. Je ne sais pas si Macron va faire mieux que les autres. L’attentat de Paris, c’est affreux, affreux…

C’est dégueulasse, mais je n’ose pas dire ce mot.

Bon, c’est très gentil ce que vous faites là. Cela le fait du bien de parler.
Et aussi, à la Fondation, quand on est malades, on nous opère. J’ai été opérée du genou droit, du doigt et on m’a enlevé la vésicule biliaire.

Bon, c’est tout. »

Ce témoignage est extrait du livre “Les Deux Vies du château de Vertcœur”, écrit par le président de la Fondation, François Lemasson, la vice-présidente, Anne de Laroullière, petite-fille d’Yvonne et de Charles de Gaulle, et Dominique Julien-Labruyère, l’un des arrière-petits-neveux de Pauline de Lapérouse et du comte René Philipon.

Le livre est disponible au prix de 28 € reversé à la Fondation Anne de Gaulle :

  • À la Fondation Anne-de-Gaulle, château de Vertcœur à Milon-la-Chapelle.
  • Au château de Breteuil, à Choisel.
  • Au Petit Casino de la Grande Place, à Cernay-la-Ville.
  • À la jardinerie de Chevreuse.
  • Ou en adressant ce bon de commande à la Fondation.
2018-06-25T15:20:31+00:00 lundi 25 juin 2018|Actualité du foyer de vie de Vertcoeur, Témoignages|