Être bénévole à la Fondation : témoignage de Nicole Gillet

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Être bénévole à la Fondation : témoignage de Nicole Gillet

Nous avons pu discuter avec Nicole lors de la fête des dizaines en juin. Elle a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps pour répondre à nos questions concernant son expérience en tant que bénévole à Vertcoeur.

  • Bonjour
    Nicole. Il paraît que vous connaissez la maison depuis un certain nombre d’années. Sauriez-vous me dire depuis quand ? Approximativement.

Je dirais une quarantaine d’années. C’était avant les années 70.

  • Un petit bout de temps en effet ! Et pourriez-vous nous dire ce que vous faites ici à Vertcoeur ?

Je suis là pour partager mes connaissances en dessin avec les résidentes. J’ai fait une école de dessin et d’art/déco à l’époque. C’est naturellement que j’ai proposé cette activité aux filles.

Je leur apprends en tout premier lieu à regarder. Prendre le temps d’observer ce qu’il y a autour d’elles, ou un sujet en particulier. Je leur apprends à distinguer les ombres et les lumières. Au début nous faisions de la peinture, mais ce n’était vraiment pas pratique et puis c’était un peu trop dur pour elles. J’ai donc opté pour les crayons de couleur. Cela fait une vingtaine d’années maintenant que je leur en fournis car je choisis des crayons de qualité. On évite le problème du dosage de la peinture et elles font du très bon travail avec. Si vous pouvez voir leur exposition, allez-y, elle est bluffante.

En général j’arrive avec des sujets tirés d’almanachs ou des œuvres de personnes qui peignent avec la bouche. Les résidentes choisissent le dessin qui leur parle le plus. Pour certaines j’aide en traçant le contour et je les laisse colorier. C’est assez libre. Je suis là pour les guider et les aider quand elles me le demandent ou quand je vois qu’elles en ont besoin.

  • Gérez-vous cette activité toute seule ? 

Non ! Je suis accompagnée de Yolande de Gourcuffe et Annick Collay, toutes aussi assidues que moi ! Et depuis de nombreuses années aussi. Nous venons tous les mardis, sur le temps de la réunion des éducateurs. Nous faisons une pause lors des vacances et pendant l’été.

  • Avez-vous pu évaluer les compétences artistiques des résidentes ? Y a-t-il des progrès ?

Ce n’est pas notre but premier. Elles sont là pour un moment de détente et de plaisir partagé autour de l’art. Mais certaines sont en effet très douées et ont bien intégré les techniques de dessin.

  • Après autant d’années de présence, vous avez du voir beaucoup de changements dans la maison ? Pourriez-vous nous livrer quelques anecdotes ?

Du changement il y en a eu, beaucoup de choses ont évolué. Je n’ai pas seulement apporté mes compétences artistiques à Vertcoeur. J’ai été membre du CA pendant 20 ans, sous la gouvernance d’Elisabeth de Boissieu, à l’époque où sœur Hélène dirigeait l’établissement. Je représentais alors les 40 pensionnaires.

Le climat était assez différent. Les sœurs dormaient sur place, il y avait moins de normes imposées par l’administration qu’aujourd’hui. Cela contribuait à créer un esprit plus familial où les résidentes et les sœurs s’entraidaient. Les tâches étaient partagées. La population était plus jeune aussi, elles pouvaient plus facilement assumer des tâches ménagères ou autres.

La religion avait une place très importante dans la vie des filles. Je me souviens de Solange, jeune trisomique, qui avait coutume d’intervenir spontanément lors des prières dans la chapelle. Elle parlait vraiment avec son cœur, c’était touchant. Pour ma part j’étais très proche des sœurs. Nous nous invitions mutuellement.

Vertcoeur comptait alors 8 sœurs et un jardinier. La cuisine était assurée par les religieuses et les résidentes et je donnais un coup de main de temps en temps. Nous allions faire le marché de Versailles pour les courses alimentaires. Et la viande était fournie par le boucher de Chevreuse une fois par semaine. Parfois même nous allions au marché de Rungis pour négocier le prix des denrées.

Pendant 20 ans j’ai invité, une fois par an en juin, les résidentes et leur famille pour un grand pique-nique qui réunissait une centaine de personnes en tout.  Aujourd’hui je ne peux plus, malheureusement, c’est une trop grosse organisation !

  • Vous avez insisté sur la place de la religion. Avez-vous accompagné des résidentes dans des pèlerinages ou d’autres activités spirituelles ?

J’ai en effet accompagné des pèlerinages pendant 25 ans. En 1981 toutes les résidentes s’étaient rendues à Lourdes.
Nous avons voyagé en train couchettes et les mamans nous accompagnaient. Une autorisation exceptionnelle avait été demandée à Mme de Boissieu et tout s’était très bien passé. Nous y sommes retournées en 1991 puis en 2001. Sans oublier les autres sanctuaires mariaux comme ND de la Salette, Pontmain, Ste Anne d’Auray et enfin Lisieux. Ces sorties faisait la joie de toutes les filles !

Nous nous rendions aussi aux rencontres de Foi et Lumière, ce mouvement chrétien fondé par Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu qui a pour but de se retrouver entre familles, amis et personnes porteuses de handicap mental, pour des temps de fête, de partage, d’amitié et de prière.

  •  Connaissez-vous les autres bénévoles à la Fondation ?

Je connais la famille Ducrocq qui anime depuis des années des petits spectacles pour et avec les résidentes. Leurs enfants ont grandi mais ils continuent. Ils ont monté leur petite troupe pour l’occasion : les Cracks ! Ils viennent 2 à 3 fois par an les après-midi. Et je sais que d’anciens salariés viennent en tant que bénévoles pour passer un peu de temps avec les résidentes et conserver un lien.

Merci Nicole d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous espérons que votre témoignage permettra d’encourager les jeunes générations à prendre le relais auprès des personnes porteuses de handicap, à la Fondation ou ailleurs ! Nous avons tous des talents qui peuvent enjoliver le quotidien des résidentes ! Elles apprécient le temps que nous leur consacrons et savent toujours nous le rendre ! 

Petit rappel : Les oeuvres des résidentes seront visibles samedi 17 septembre de 14h à 17h à Vertcoeur, au 5 route de Romainville, 78470 Milon-la-Chapelle, à l’occasion des portes-ouvertes. Venez nombreux, vous êtes attendus avec beaucoup d’enthousiasme ! Restauration possible au salon de thé.

 

2017-05-18T23:18:59+00:00 mardi 13 septembre 2016|Actualité du foyer de vie de Vertcoeur, Témoignages|